Il fut un temps où je fréquentais assidûment les salles obscures de Paris. Deux à trois fois par semaine. Et puis, j'ai été expulsée du paradis pour cinéphiles acharnés le jour où ma fille est née. Un deuxième enfant et presque six ans plus tard, je ne réussis même pas à atteindre la moyenne de 2 à 3 films par mois.
Certes, j'en conçois une certaine frustration : petite rassurez-vous, il n'y a pas que le ciné dans la vie... et encore moins la télé d'ailleurs... mais il y a le lecteur de DVD, un objet ô combien divin, et aussi la VOD, création bénite... Mais je m'égare et je reviens à mes brebis...
Si comme moi, vos sorties au cinéma sont comptées et vous n'aviez qu'un film à voir en cette fin d'année, c'est bien "Des Hommes et des Dieux". Allez-y religieusement, les yeux fermés, avec, si vous êtes une âme sensible (comme moi), un mouchoir en papier à portée de main. Pas parce que ça finit mal, on le sait dès le début, le film relatant les derniers mois des moines de Tibhirine, assassinés en Algérie en mai 1996.
Parce que dans un monde plutôt porté sur le bling-bling, le divertissement facile et l'individualisme forcené, ça réchauffe le coeur et l'esprit d'écouter la parole et de regarder l'action d'hommes, des moines, qui ont abandonné tout confort matériel pour donner leur temps aux autres, en l'occurence le peuple algérien. La solidarité, l'aide désintéressée (au delà de la religion), la bienveillance, font partie de leurs valeurs.
Comme dit frère Christian (Lambert Wilson, parfait), c'est déjà fou de devenir moine, de donner sa vie à Dieu, alors rester en Algérie en proie à la guerre civile, est-ce vraiment plus fou ?
Pas plus fou que de vouer sa vie à l'argent-roi, aux lois de la finance internationale et de la spéculation boursière qui touche même les matières premières comme le blé et affament les populations du Tiers-Monde. Non pas plus, avis d'Emmapile...
La solidarité, la générosité envers les peuples ? Y croire serait naif d'après un économiste ringard que j'ai entendu à l'émission CE SOIR OU JAMAIS, consacrée à la crise de zone euro, et dont j'ai oublié le nom...
Pas plus naïf que de croire que ça ne sert à rien d'aider les autres... Parce que donner un sens à sa vie, ça a quand même plus de classe que vivre assis sur un tas d'or avec sa Rolex au poignet !
Merci à Xavier Beauvois d'avoir fait un film sur des valeurs naïves et aux 1, 5 millions de spectateurs qui les ont remises au goût du jour...
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